Les liens familiaux de Victoria Nuland: Le Gouvernement Permanent en action

Kevin MacDonald


English version here

Article d’origine publié le 9 février 2014

Les familles juives influentes qui s’entrecroisent sont un aspect marquant de l’histoire juive. Elles cimentent les relations d’affaires en créant des réseaux de proches parents qui se marient seulement entre eux. On peut donner l’exemple des Juifs de cour, dans l’Europe du 17e et 18e siècle (voir ici, pp 150-152). On observe des résurgences de ce phénomène dans le monde contemporain, comme par exemple chez les néoconservateurs.

Comme pour les autres mouvements intellectuels juifs que j’ai étudiés, les néoconservateurs sont connus pour l’admiration mutuelle qu’ils se prodiguent entre eux, pour leurs étroits rapports d’entraide mutuelle sur les plans personnel, professionnel, et familial, et pour leur coopération ciblée autour d’objectifs communs. Par exemple, Norman Podhoretz, l’ancien rédacteur en chef de Commentary, est le père de John Podhoretz, un éditeur et chroniqueur néoconservateur. Norman Podhoretz est aussi le beau-père d’Elliott Abrams, l’ancien chef de l’Ethics and Public Policy Center (un groupe de réflexion néoconservateur) et directeur des Affaires du Proche-Orient au Conseil de Sécurité Nationale. La femme de Norman, Midge Decter, a récemment publié une biographie hagiographique du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, dont les deuxième et troisième adjoints au Pentagone étaient respectivement Wolfowitz et Feith. Perle est membre de l’American Enterprise Institute. Au départ, il a aidé Wolfowitz à obtenir un poste à l’Agence pour le Désarmement et le Contrôle des Armes [Arms Control and Disarmament Agency] en 1973. En 1982, Perle, en tant que secrétaire adjoint [Assistant Secretary] à la Défense pour la politique de sécurité internationale, a engagé Feith comme son conseiller spécial, puis comme secrétaire adjoint suppléant [Deputy Assistant Secretary] pour la Politique des Négociations. En 2001, le secrétaire adjoint [Deputy Secretary] à la Défense Paul Wolfowitz a aidé Feith à obtenir le poste de sous-secrétaire pour la politique [du département de la défense]. Feith a ensuite nommé Perle président du Defense Policy Board [Comité de la Politique de Défense]. Et ce n’est que la pointe d’un très gros iceberg. “Le néoconservatisme en tant que mouvement juif” (p. 32)

Les réseaux et liens ethniques cimentés par le mariage sont mis en évidence par le récent incident concernant la sous-secrétaire d’État Victoria Nuland, et sa conversation téléphonique avec Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur américain en Ukraine. Comme le dit Steve Sailer sur le blog VDARE, Nuland est membre d’une

famille [juive] très talentueuse et énergique, qui fait partie du Gouvernement Permanent des États-Unis. Peu importe qui gagne l’élection présidentielle: il se trouvera un Kagan-Nuland pour travailler on ne sait à quoi, on ne sait où, en votre nom et à vos frais.

Le lien avec les Kagan existe via son mari, Robert Kagan. Comme l’ont remarqué Vos yeux qui mentent, “Robert et son frère Fred semblent s’être stratégiquement implantés à des postes clés pour l’élaboration de la politique au sein de l’appareil central des partis Démocrate et Républicain. Robert est incrusté à la Brookings Institution, tandis que Fred est cramponné à l’American Enterprise Institute”.

Nous avons ainsi un nouvel arbre de famille chez les néoconservateurs juifs. Il commence avec Donald Kagan, un historien de l’Université de Yale, dont l’histoire de la Guerre du Péloponnèse a été utilisée par les néoconservateurs pour justifier l’invasion des pays qu’Israël n’aime pas (voir Sailer). Donald Kagan était également signataire de la lettre de 2002 à George W. Bush, rédigée par le PNAC de Bill Kristol (Project for the New American Century – Projet pour le nouveau siècle américain), qui considérait les dangers menaçant Israël (Iran, Syrie, Irak) comme des dangers menaçant l’Amérique.

Dans la génération suivante, Fred Kagan (American Enterprise Institute) et Robert Kagan (Brookings Institution) sont également des piliers du néoconservatisme. (Par exemple, Donald, Robert et Frédéric sont tous signataires du manifeste néoconservateur, Reconstruire les Défenses de l’Amérique, émis par le PNAC en 2000). Eux tous, y compris leurs femmes, sont diplômés d’universités d’élite, et fermement implantés dans l’infrastructure néoconservatrice qui associe gouvernement et groupes de réflexion [think tanks]. La femme de Fred, Kimberly (née Kessler), préside l’Institut pour l’Étude de la Guerre, et défend des positions typiquement néoconservatrices.

Et bien que la politique américaine envers l’Ukraine soit probablement liée à divers problèmes en dehors de l’hostilité des néoconservateurs envers la Russie (hostilité due à divers griefs, comme la répression des oligarques par Poutine, et son soutien à l’Iran et la Syrie, pays ennemis d’Israël), il ne fait pas grand doute que le soutien énergique de Nuland aux opposants pro-européens du gouvernement Ianoukovitch s’accorde bien avec les positions défendues par les réseaux néoconservateurs auxquels elle appartient. Admirez notre gouvernement permanent au travail !

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