Translations

Crier au bobard antisémite pour faciliter la guerre avec l’Iran

English version here

Article d’origine publié le 29 décembre 2013

[Note du traducteur: Le titre d’origine est “La stratégie du canard (the canard strategy) au service de la guerre avec l’Iran”. En français familier, un “canard” désignait une fausse nouvelle, un bobard, ou d’après le Littré, un “conte absurde et par lequel on veut se moquer de la crédulité des auditeurs”. L’expression “canard antisémite” est fréquemment utilisée par Mr Foxman (littéralement, l’homme-renard), le président de l’ADL.]

Le Lobby pro-israélien, temporairement mis en échec par le succès des négociations avec l’Iran, n’a pas perdu de temps pour se frayer un nouveau chemin vers la guerre au moyen de la Loi “Nuclear Weapon Free Iran Act” de 2013 [loi pour un Iran exempt d’armes nucléaires]. Ce projet de loi est actuellement examiné par le Sénat, sous la direction de Bob Menendez, Chuck Schumer, et Mark Kirk, tous de fervents soutiens du Lobby pro-israélien.

Le projet de loi comporte deux aspects remarquables. Tout d’abord, il interdirait à l’Iran tout nouvel enrichissement d’uranium quel qu’il soit. Et tout le monde sait que l’Iran n’accepterait jamais cela, si bien que l’adoption de ce projet de loi garantirait l’entrée en vigueur des sanctions encore plus sévères qu’il autorise, ce qui mettrait l’Iran dans une situation intenable. La guerre tant désirée serait pratiquement assurée.

Deuxièmement, le projet de loi met une énorme pression sur les États-Unis pour qu’ils entrent en guerre si Israël juge opportun d’attaquer l’Iran. Le projet de loi

comprend une disposition non contraignante qui stipule que si Israël lance “une action militaire de légitime défense contre le programme d’armes nucléaires de l’Iran”, les États-Unis “devraient soutenir Israël et, conformément à la loi des États-Unis et à la responsabilité constitutionnelle du Congrès d’autoriser l’usage de la force militaire, ils devraient assurer un soutien diplomatique, militaire, et économique au gouvernement d’Israël pour la défense de son territoire, de sa population et de son existence “.

“Devraient soutenir Israël” est une formulation délibérément vague. Mais si le projet de loi passait, alors l’interprétation minimale serait que cette loi constitue une approbation du Congrès à l’aide américaine, si jamais Israël décide de partir en guerre. Read more

Les liens familiaux de Victoria Nuland: Le Gouvernement Permanent en action

English version here

Article d’origine publié le 9 février 2014

Les familles juives influentes qui s’entrecroisent sont un aspect marquant de l’histoire juive. Elles cimentent les relations d’affaires en créant des réseaux de proches parents qui se marient seulement entre eux. On peut donner l’exemple des Juifs de cour, dans l’Europe du 17e et 18e siècle (voir ici, pp 150-152). On observe des résurgences de ce phénomène dans le monde contemporain, comme par exemple chez les néoconservateurs.

Comme pour les autres mouvements intellectuels juifs que j’ai étudiés, les néoconservateurs sont connus pour l’admiration mutuelle qu’ils se prodiguent entre eux, pour leurs étroits rapports d’entraide mutuelle sur les plans personnel, professionnel, et familial, et pour leur coopération ciblée autour d’objectifs communs. Par exemple, Norman Podhoretz, l’ancien rédacteur en chef de Commentary, est le père de John Podhoretz, un éditeur et chroniqueur néoconservateur. Norman Podhoretz est aussi le beau-père d’Elliott Abrams, l’ancien chef de l’Ethics and Public Policy Center (un groupe de réflexion néoconservateur) et directeur des Affaires du Proche-Orient au Conseil de Sécurité Nationale. La femme de Norman, Midge Decter, a récemment publié une biographie hagiographique du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, dont les deuxième et troisième adjoints au Pentagone étaient respectivement Wolfowitz et Feith. Perle est membre de l’American Enterprise Institute. Au départ, il a aidé Wolfowitz à obtenir un poste à l’Agence pour le Désarmement et le Contrôle des Armes [Arms Control and Disarmament Agency] en 1973. En 1982, Perle, en tant que secrétaire adjoint [Assistant Secretary] à la Défense pour la politique de sécurité internationale, a engagé Feith comme son conseiller spécial, puis comme secrétaire adjoint suppléant [Deputy Assistant Secretary] pour la Politique des Négociations. En 2001, le secrétaire adjoint [Deputy Secretary] à la Défense Paul Wolfowitz a aidé Feith à obtenir le poste de sous-secrétaire pour la politique [du département de la défense]. Feith a ensuite nommé Perle président du Defense Policy Board [Comité de la Politique de Défense]. Et ce n’est que la pointe d’un très gros iceberg. “Le néoconservatisme en tant que mouvement juif” (p. 32)

Les réseaux et liens ethniques cimentés par le mariage sont mis en évidence par le récent incident concernant la sous-secrétaire d’État Victoria Nuland, et sa conversation téléphonique avec Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur américain en Ukraine. Comme le dit Steve Sailer sur le blog VDARE, Nuland est membre d’une

famille [juive] très talentueuse et énergique, qui fait partie du Gouvernement Permanent des États-Unis. Peu importe qui gagne l’élection présidentielle: il se trouvera un Kagan-Nuland pour travailler on ne sait à quoi, on ne sait où, en votre nom et à vos frais.

Le lien avec les Kagan existe via son mari, Robert Kagan. Comme l’ont remarqué Vos yeux qui mentent, “Robert et son frère Fred semblent s’être stratégiquement implantés à des postes clés pour l’élaboration de la politique au sein de l’appareil central des partis Démocrate et Républicain. Robert est incrusté à la Brookings Institution, tandis que Fred est cramponné à l’American Enterprise Institute”.

Nous avons ainsi un nouvel arbre de famille chez les néoconservateurs juifs. Il commence avec Donald Kagan, un historien de l’Université de Yale, dont l’histoire de la Guerre du Péloponnèse a été utilisée par les néoconservateurs pour justifier l’invasion des pays qu’Israël n’aime pas (voir Sailer). Donald Kagan était également signataire de la lettre de 2002 à George W. Bush, rédigée par le PNAC de Bill Kristol (Project for the New American Century – Projet pour le nouveau siècle américain), qui considérait les dangers menaçant Israël (Iran, Syrie, Irak) comme des dangers menaçant l’Amérique.

Dans la génération suivante, Fred Kagan (American Enterprise Institute) et Robert Kagan (Brookings Institution) sont également des piliers du néoconservatisme. (Par exemple, Donald, Robert et Frédéric sont tous signataires du manifeste néoconservateur, Reconstruire les Défenses de l’Amérique, émis par le PNAC en 2000). Eux tous, y compris leurs femmes, sont diplômés d’universités d’élite, et fermement implantés dans l’infrastructure néoconservatrice qui associe gouvernement et groupes de réflexion [think tanks]. La femme de Fred, Kimberly (née Kessler), préside l’Institut pour l’Étude de la Guerre, et défend des positions typiquement néoconservatrices.

Et bien que la politique américaine envers l’Ukraine soit probablement liée à divers problèmes en dehors de l’hostilité des néoconservateurs envers la Russie (hostilité due à divers griefs, comme la répression des oligarques par Poutine, et son soutien à l’Iran et la Syrie, pays ennemis d’Israël), il ne fait pas grand doute que le soutien énergique de Nuland aux opposants pro-européens du gouvernement Ianoukovitch s’accorde bien avec les positions défendues par les réseaux néoconservateurs auxquels elle appartient. Admirez notre gouvernement permanent au travail !

Le Lobby pro-israélien: Impossible de se cacher

English version here

Article d’origine publié le 25 Janvier 2013

Le site Mondoweiss a reproduit un extrait du discours d’un rabbin, Melissa Weintraub, sur les stratégies utilisées par la communauté juive pour gérer les relations avec Israël. Le problème pour les Juifs est qu’aux États-Unis, ils représentent l’avant-garde de la gauche libérale, pro-immigration, pro-multiculturelle, et anti-blanche, et qu’au même moment, leur pays préféré, Israël, se lance allègrement dans l’apartheid et le nettoyage ethnique. Cela provoque une dissonance cognitive et une grande agitation politique dans la communauté juive. Mais la réaction la plus commune reste simplement la stratégie d’évitement (en deux versions) :

Israël est devenu le motif de division le plus explosif dans la vie juive américaine, selon la plupart des observateurs, journalistes, rabbins, et tous ceux qui baignent dans le milieu. Actuellement, on a 3 façons principales d’aborder Israël.

L’une est l’évitement. Pour presque toutes les associations juives américaines qui sont dans le domaine de la justice sociale… J’étais récemment dans une salle, avec toutes les sommités du mouvement juif de justice sociale, et ils ont tous mis en place pour leur organisation une politique d’évitement du sujet d’Israël. Les rabbins de toutes sectes et tous horizons politiques discutent du “sermon qui tue par allusion à Israël” d’après l’expression de Scott Perlo, un rabbin ordinaire du site 6th and I. Cela signifie qu’un sermon peut parler de tout, sauf d’Israël. On peut parler du système de santé, des armes à feu, ou d’autres questions controversées, mais un seul mot sur Israël et on risque le renvoi. Il semble que chaque jour, une nouvelle organisation interdise le sujet d’Israël sur sa liste de diffusion….

Voilà pour l’évitement, le premier type de réaction… Le premier type est en fait une réponse au second type de réaction, mais je cite l’évitement en premier parce que c’est devenu la réaction la plus répandue…

La deuxième façon habituelle de réagir se caractérise par une agressivité ouverte ; avec dénigrement, diabolisation ; des attaques et contre-attaques dans les éditoriaux, des menaces à propos des sources de financement, des directeurs et conseils d’administration terrorisés et pétrifiés du fait qu’ils sont régulièrement dans des situations impossibles où ils sont désavoués quoi qu’ils fassent. Cela se passe en grande partie hors de vue du public, mais c’est le domaine où j’interviens, et je peux vous dire que j’entends tous les mois des dizaines d’institutions qui ont le même genre de problème.

Et tout aussi destructif, il y a la caricature grossière de l’attitude des autres, la déformation, les citations hors contexte, les procès d’intention, les antagonismes.

Le troisième type de réaction est ce que j’appelle la stratégie d’évitement, version 2.0. Cela consiste à se réunir et faire des conférences avec ceux qui approuvent notre politique particulière, et à rejeter tous les autres comme s’ils étaient loufoques, malveillants, ou dangereux. Se flatter du nombre d’alliés qui sont avec nous, et rejeter tous les autres de façon catégorique et unidimensionnelle. Et cela aussi, c’est de plus en plus courant.

Donc, quel que soit le résultat de la campagne actuelle pour la guerre avec l’Iran, il ne faut pas s’attendre à ce que les Juifs américains renoncent à leur rôle d’épine dorsale de la gauche anti-blanche. Ils auront beau éviter la question, ou vociférer les uns contre les autres, cela n’affectera pas leur attitude envers l’Amérique blanche et les problèmes fondamentaux qui la menacent. Read more

Entrevista para la revista Zuerst: Las armas del lobby sionista

Las armas del lobby sionista

23 Enero, 2014 

TdE/Entrevista para la revista Zuerst: Las armas del lobby sionista; 12 Noviembre 2013 

Tribune de Europa

Esta es la versión española de una entrevista publicada en la edición de Noviembre de Zuerst!, una revista alemana.

  1. 1. Profesor MacDonald, el Consejo Central de Judíos en Alemania (ZdJ) es tal vez uno de los lobbies más influyentes de Alemania – es una filial del Congreso Mundial Judío (WJC). La crítica dice que la influencia del ZdJ es desproporcionadamente grande en comparación con el número de judíos que viven en Alemania. ¿Es esto correcto?

Yo no estoy familiarizado con la situación en Alemania en lo que respecta al poder del lobby sionista. Pero yo sé que en los países con los que estoy familiarizado, concretamente en los Estados Unidos, los sionistas están muy bien organizados y son muy efectivos a la hora de lograr sus intereses. Ellos se han infiltrado perfectamente en las élites de los medios de comunicación, de la política, de los negocios y del mundo académico, y han desarrollado grupos de presión muy bien financiados, en particular la Liga Antidifamación (ADL). Por eso no me sorprendería descubrir que existiera una situación similar en Alemania.

  1. 2. La ZdJ – al igual que el WJC – juega un papel complejo en Alemania – y en Occidente en general. Por una parte, la organización pide representar a las comunidades judías en Alemania y Europa Occidental, mientras que por otra parte ellos actúan en nombre de Israel y hacen campaña a favor de la política israelí. ¿Cómo puede ser compatible esto?

Ocurre algo parecido en los Estados Unidos, donde la Liga Antidifamación ha sido un poderoso seguidor de los gobiernos ultraderechistas y racialistas de Israel, mientras que a la vez ha perseguido un amplio rango de intereses políticos sionistas en los Estados Unidos vinculados a la izquierda política. Lo más importante es que los grupos sionistas han estado al frente de la campaña política en lo que respecta al multiculturalismo y al desplazamiento de la población por inmigrantes que llevará a que los americanos blancos seamos una minoría dentro de 20 o 30 años.

Con anterioridad a la fundación del Estado de Israel, una amplia sección de la comunidad judía de América se opuso al sionismo porque estaban preocupados de que apoyar a un gobierno extranjero les hubiera llevado a ser vistos como desleales, algo que ha sido una acusación constante por parte de los antisemitas a lo largo de los siglos. Sin embargo, estas preocupaciones desaparecieron en 1948, y las décadas subsiguientes muestran un gran incremento en el poder del lobby sionista y un apoyo público no disimulado por parte de los judíos americanos hacia Israel. Para estar seguros, los judíos americanos que apoyan a Israel afirman de manera cuidadosa que los intereses de Israel y los intereses de América coinciden. Y en ocasiones, esto puede dar lugar a afirmaciones cómicas, como las recientes peticiones hechas por parte de judíos americanos neoconservadores para que América bombardease Siria con el propósito de prevenir que Siria atacase América con armas químicas. O que Irán estuviera a punto de poder destruir los Estados Unidos o, incluso, invadirlos.

El lobby israelí defiende las acciones militares contra Siria porque esto prolongaría mínimamente una guerra que Assad está ganando, consiguiendo debilitar Siria y Hezbollah en el futuro. Y tal vez esto pudiese llevar a la caída de Assad y a un gobierno Sunni que fuese duro con Irán. Irán y sus aliados son vistos como un enemigo mucho más peligroso para Israel que las naciones árabes y los rebeldes Sunnis que se oponen al gobierno de Assad, sin importar su fanatismo religioso musulmán, su odio a Israel y su posible alianza con al Qaeda.

Las buenas noticias son que hay señales de que los americanos se están dando cuenta de la situación. La administración Obama ha resistido las peticiones de guerra más extremas por parte del lobby sionista (como por ejemplo atacar Irán), y la opinión pública fue decididamente contraria a bombardear Siria, a pesar de los deseos de la administración Obama, a pesar del apoyo de los medios de comunicación y a pesar del fuerte apoyo del lobby israelí. Al final, la opinión pública impidió el ataque sobre Siria, y esto es una muy buena señal para el futuro. Los ciudadanos americanos están cansados ver los informes de miles de americanos que han muerto o han sido gravemente heridos en las guerras de Irak y Afganistán – guerras que fueron fuertemente apoyadas y, en el caso de Irak, incluso conducidas por el lobby israelí. Estas guerras no han desarrollado los intereses de los Estados Unidos, y cuando las tropas americanas han abandonado esas áreas, ellos vuelven a las sociedades tribales no democráticas que siempre han sido. Ahora mismo, Irak es un hervidero debido a la violencia sectaria desatada que dejó la invasión americana. Estas guerras verdaderamente costosas no han tenido un beneficio tangible, pero si un enorme coste para América y sus aliados, así como para la gente de estas regiones. Read more

ADL: “Les théoriciens du complot blâment les Juifs pour les événements en Syrie”

Original appeared 26 septembre 2013; English version here 

La “respectable association de défense des droits civils” reprend sa vieille habitude. L’ADL me colle l’étiquette de “théoricien de la conspiration” pour avoir présenté des documents qui montrent le soutien général de la communauté juive organisée au principe d’une attaque militaire américaine contre la Syrie (“ADL: Les théoriciens du complot blâment les Juifs pour les événements en Syrie“). Il y a aussi l’affirmation que je suis un “extrémiste” —ce qui semble curieux, de la part d’une organisation qui prône l’immigration vers les États-Unis de dizaines de millions de personnes venant du monde entier.

Kevin McDonald, un professeur antisémite de psychologie à Long Beach, à l’Université d’État de Californie, a écrit sur L’Occidental Observer un article daté du 2 septembre affirmant que “Le contretemps [qui remet à plus tard l’action militaire en Syrie] donne au Lobby pro-israélien l’occasion d’intensifier ses efforts pour faire grimper les résultats des sondages et pour faire pression sur le Congrès. “

Depuis si longtemps que je suis sur leur liste des pires antisémites, on aurait espéré qu’ils apprennent au moins à écrire mon nom correctement. Leur article ne donne aucun lien vers l’article incriminé écrit par moi, si bien que le lecteur se retrouve seulement avec un nom mal orthographié et un lien vers la fiche écrite à mon sujet sur le propre site de l’ADL (où ils réussissent cette fois à bien écrire mon nom). D’ailleurs, ils ne donnent de lien pour aucun des articles ou vidéos produits par les “extrémistes marginaux et anti-sémites” dont le communiqué de presse de l’ADL dresse la liste — sans doute parce que l’ADL préfère que ses lecteurs ne voient pas ce qu’ils ont dit en réalité. Read more

Soutien général de la communauté juive organisée pour une intervention en Syrie

Original posted 6 septembre 2013; English version here

Patrick Cleburne, du blog VDARE, a écrit un article sympathique à propos de la corruption du Parti républicain par Sheldon Adelson (“Syrie: Pourquoi Boehner et Cantor prennent-ils leur base électorale et leur pays à rebrousse-poil ? Parce qu’ils sont atteints du syndrome ADD ! “). [NdT: ADD = Attention Deficit Disorder (Trouble de Déficit de l’Attention)]. Mais ici en fait, le syndrome ADD signifie Adelson Dollar Disorder. Cette expression désigne le penchant des politiciens républicains (Newt Gringrich en est le meilleur exemple) à se prosterner devant l’argent d’Adelson. Cet argent sert principalement à soutenir ceux qui en Israël se montrent les plus agressifs et les plus portés au nationalisme et au racialisme. Cleburne fait également remarquer qu’Adelson illustre parfaitement l’hypocrisie et les doubles standards qui gouvernent les politiques défendues d’une part pour Israël, où Adelson préconise une clôture frontalière inviolable et l’expulsion des clandestins, et d’autre part pour les États-Unis, où il préconise l’amnistie des clandestins, et aucune expulsion.

Une illusion dont se bercent souvent les Juifs est l’idée de “deux Juifs, trois opinions“ — c’est-à-dire l’idée que les Juifs ont toujours tendance à être en désaccord les uns avec les autres. Mais en fait, sur les questions cruciales telles qu’Israël, l’immigration, le multiculturalisme, et le christianisme sur la place publique, la communauté juive parle d’une seule (et très influente) voix. Cleburne signale un article de Bloomberg qui montre le large soutien juif à l’idée d’attaquer la Syrie. (“Soutien de cercles juifs à l’intervention en Syrie – Adelson, nouvel allié d’Obama“). Ce très large soutien est d’autant plus surprenant que, dans le reste de l’Amérique, le Congrès constate une “opposition record” à l’idée d’un raid aérien.

Les récents sondages montraient déjà le peu d’appétit du peuple américain pour une intervention militaire en Syrie. Un sondage publié mardi par le Pew Research Center estime qu’à peine 29% des Américains approuvent l’idée de raids aériens “suite aux témoignages selon lesquels le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques”. Et le même jour, un sondage Washington Post/ABC donnait un chiffre de 36% d’Américains favorables à des raids aériens. … Le député Alan Grayson (Démocrate de Floride), un opposant virulent aux frappes militaires contre le gouvernement syrien, a déclaré aux journalistes après le briefing de mardi dernier qu’un vote pour le recours à la force militaire en Syrie ne passerait pas. “La Chambre n’est pas d’accord, le peuple américain n’est pas d’accord. Ici, on écoute les électeurs”, a t-il déclaré. “Premièrement, l’opinion publique est totalement contre. Deuxièmement, l’opinion publique est violemment contre.” (“Selon les législateurs américains, les électeurs refusent l’intervention en Syrie – Une opposition plus forte que jamais“) Read more

Le lobby pro-israélien et la communauté juive organisée veulent un changement de régime en Syrie

Le lobby pro-israélien et la communauté juive organisée veulent un changement de régime en Syrie

1 Septembre 2013

Kevin MacDonald

Original version here

Le président Obama dit maintenant que son administration a décidé d’attaquer la Syrie mais qu’elle demandera l’approbation du Congrès avant de passer à l’action. La situation deviendrait alors très intéressante, si jamais le Congrès s’y oppose, comme cela semble bien possible.

L’idée qu’Obama puisse ordonner un acte de guerre contre la Syrie sans disposer d’un fort soutien international, ni d’un mandat du Congrès, a toujours laissé perplexe. Voilà donc notre président d’extrême gauche qui préconise une guerre de plus au Proche-Orient, après s’être opposé à la guerre en Irak quand il était sénateur. Ce même président, qui a des rapports glaciaux avec Benjamin Netanyahu, et qui a maintes fois déçu les exigences du Lobby pro-israélien.

Bien sûr, les arguments pour cette guerre sont formulés en termes de bien et de mal—comme pour toutes les guerres américaines, mais ce genre de justification moraliste existait aussi pendant la période menant à la guerre d’Irak. Dans le cas actuel, le point de vue des faucons est plus difficile à défendre du fait que les allégations concernant les armes de destruction massive se sont avérées fausses. N’oublions pas que ces allégations avaient été fabriquées par des agents pro-israéliens à l’identité juive très marquée. Ces agents étaient liés au Bureau des projets spéciaux du Ministère de la Défense, avec parmi eux, Paul Wolfowitz, Douglas Feith, Abraham Shulsky, Elliott Abrams, David Wurmser, Michael Ledeen, David Schencker, et Michael Rubin. Cela s’était fait en étroite coopération avec les services de renseignements israéliens (voir ici, p. 47 et suiv.).

Les suspects habituels, les néoconservateurs du Weekly Standard—y compris nombre de ceux-là mêmes qui ont fait campagne pour la guerre d’Irak— font maintenant pression pour une lourde intervention américaine en Syrie. Il est surréaliste de lire dans la déclaration de ces soi-disant “experts” que le président doit agir «pour s’assurer que les armes chimiques d’Assad ne menacent plus l’Amérique”. Cela rappelle l’Irak de Saddam Hussein, qui s’apprêtait à détruire les Etats-Unis avec ses armes de destruction massive. Comment Assad pourrait lancer ses armes chimiques sur l’Amérique est laissé à l’imagination de chacun.

Le soutien résolu des néoconservateurs à une action militaire en Syrie laisse penser qu’Israël est tout à fait favorable à une campagne américaine. Il n’est donc pas surprenant, comme pendant les jours précédant la guerre d’Irak, que les renseignements israéliens jouent un rôle de premier plan: “Les preuves du déploiement d’armes chimiques par le régime d’Assad – déploiement qui apporterait un fondement juridique essentiel pour justifier une action militaire occidentale – ont principalement été fournies par les renseignement militaires israéliens, selon le magazine allemand Focus” (voir ici). Cela comprend l’appel téléphonique intercepté, dont on a tant parlé, entre des officiers syriens qui discutaient de l’utilisation d’armes chimiques (Ibid.), ainsi que l’affirmation selon laquelle des armes chimiques ont été transportées jusqu’au site de l’attaque (voir ici). Read more